La dolce vita

Trasloco a Torino

Turin, le 1er novembre 2009: C'est beau de constater à quel point je m'entête à écrire la date à laquelle j'aurai dû écrire mes articles. En réalité, aujourd'hui on est en 2010, et j'ai pris pas mal de retard dans la rédaction de mon carnet de voyage. Mais pas question de laisser tomber, ma mamie - sûrement ma seule lectrice, mais pas des moindres - serait bien trop déçue. On va donc gentiement "faire comme si".

Aujourd'hui, j'ai quitté la Ville Eternelle. J'ai jetté un dernier regard sur la Piazza Navona, le coeur embué. J'ai admiré le soleil du matin verser sur le castel Sant'Angelo ses rayons coulant jusqu'au Tibre, les yeux battant la chamade. Puis j'ai traîné mes souvenirs et mes bagages sur la route du départ: direction l'aéroport de Fiumicino.

J'ai trop fêté mon départ, je dors. A mon réveil, une hôtesse annonce l'imminence de l'atterrissage. Au dessous de moi, une mer de nuage cernée de cols enneigées. Les Alpes, éternelles, semblent me sourire. A ce moment précis, je réalise que je vais vivre sur la Terre de mes ancêtres: retour aux racines Piémontaises d'avant guerre. Et si je ne m'y plaisais pas? Après tout, on peut bien être difficile après avoir vécu au coeur de Rome.

Il fait froid, il fait gris. Pourtant, déjà, Turin m'enchante. La ville-cliché de l'industrie Fiat et de la Juventus joue à cache-cache avec la lumière, emmitouflée dans un brouillard mélancolique. Mystérieuse, elle se révèle le long du Po dans toute sa splendeur. Une ballade dans le parc du Valentino et je me prend déjà pour la belle au bois dormant. Les feuilles mortes dansent avec les écureuils, les collines mordorées bercent le Po carressé par les saules pleureurs. Plus qu'un panier en osier et un petit cabanon dans les bois, et je me mets à chanter "mon amour, je t'ai vu au beau milieu d'un rêve". Non, rassurez-vous, je ne ferai cet affront ni au bon gout ni à la musique.

En plus, je déchante très vite, parce que je suis SDF. Le bouge qui me sert d'hôtel pendant trois jours prend des allures de tannière. Pire: ma chef de stage paye la note, et décide que c'est plus économique de faire squatter ses pauvres stagiaires chez elle, à même le sol en attendant qu'elles s'installent dans leur nouvel appart. Franchement, qui a dit qu'on devait partir dans le Tiers-monde pour vivre d'aventures?

 



Publié à 13:46, le 18/01/2010, Turin
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On ne badine pas avec le chocolat

Le 15 Octobre à Perugia : C’est beau, la technologie.  Mes camarades toulousains ont beau être étalés sur le globe terrestre comme du beurre salé sur la péninsule bretonne, je les localise tous en trois clics. Machine fait du shopping à New-York avec  sa copine bidule venue en visite de L.A, pendant que Chouette prend un malin plaisir à publier des photos de plages australes ensoleillées alors que de notre côté du globe, le froid guette.

Qu’importent les plages des Caraïbes ou le mystérieux Proche-Orient. Qu’importent les aurores boréales et les gratte-ciel de Tokyo. Pour rien au monde je n’échangerai ma place. Car moi, ce week-end : je vais à Pérouse.

Perugia, capitale de l’Ombrie, qui culmine du haut de sa colline à 160 000 habitants et 2,5 degrés de moyennes saisonnières, avouez que ça laisse songeur. De l’air pur, des cailloux, des vieux emmitouflés dans leurs préjugés méridionaux. I-dy-llique.

Pourtant, une fois par an, Pérouse vend du rêve. Quand le mois d’octobre balaie à grand coup de feuilles mortes les derniers rayons de l’été, le badaud se débat entre la nostalgie mélancolique des beaux jours et l’impatiente expectative des joies de la neige et des festivités hivernales. Alors, pour combler ce morose entre-deux saisonnier, à Pérouse on organise : la fête Européenne du chocolat.

De ma résidence romaine, j’enfile sans rechigner manteau et gros souliers. N’en déplaise à De Musset, chez moi, on ne badine pas avec le chocolat. Après deux heures de sieste profonde dans un autobus surchauffé, surpeuplé d’estomac affamés, j’atteins enfin le Sain Graal. Une enfilade interminable d’étals ceinturent la colline. Bouchées fourrées de liqueur, plaquettes artisanales cent pour cent cacao, papillottes gourmandes ou crème onctueuse et lattée, il y en a pour tous les goûts.

Et pour les rabougris du portefeuille – catégorie dans laquelle l’étudiant erasmus moyen est largement représenté – les différentes enseignes distribuent à l’envie quelques échantillons de leurs derniers produits. Publicité contre estomac contenté, c’est ce que l’on pourrait appeler un échange de bon procédé. Oui, l’amour du chocolat me fait rimer.

Attention, clou du spectacle : des sculpteurs improvisés taillent un bloc de chocolat aux dimensions innommables et redistribuent les copeaux à la foule dans des sachets. La bataille est rude, je suis aux prises avec une petite fille de six ans qui finit par lâcher prise. Je vous vois bien vous indigner mais, non, non, pas de morale pour du chocolat.

C’est donc au bord de la crise de foie, l’estomac et le portefeuille heureux que je regagne la ville éternelle, non sans un dernier regard en contrebas aux magnifiques étendues de l’Ombrie, enchevêtrement de collines parsemées de campaniles.Oui. Pérouse, c'est beau.

 



Publié à 20:53, le 19/12/2009, Pérouse
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Rêveries d'un buveur solitaire

Le 1er octobre à Marino : c’est important, la culture locale. Je dirais même primordial. Vous me direz « oui, mes les musées, c’est chiant ». Certes, arpenter des couloirs embouteillés pour regarder de la pierre taillée et des rectangles en bois peints, franchement, on s’en passerait bien, s’il n’était pas aussi gratifiant pour notre égo de snob refoulé de satisfaire une insatiable curiosité intellectuelle. Heureusement, toute la culture n’est pas à mourir d’ennui. Il existe même des manifestations extrêmement plaisantes. Sceptique ? Et si je vous dis qu’il est même possible de se cultiver en se saoulant de bons vins méditerranéens  distribué à l’envie, sans dépenser un sou?

Pour cela, direction la Festa del Vino, dans le petit village médiéval de Marino. A première vue, la journée s’annonce calme, reposante. Je m’imagine déjà flânant de stand en stand, un verre de rouge à la main. Tranquille. C’était sans compter la horde d’étudiants Erasmus appâtés par l’alléchant programme de la « fontaine miraculeuse qui donne du vin ». Première épreuve, et non des moindres : monter dans le train. Les gens courent sur les quais, s’agglutinent devant les portes alors que les wagons, tels des estomacs trop remplis, semblent déjà prêts à vomir sur le quai  le surplus de voyageurs entassés jusque sur les porte-bagages. Pourtant, certains téméraires tentent encore de se faufiler dans le train en se hissant à bouts de bras par les fenêtres. Personnellement, je préfère attendre le prochain.  

Un sandwich beurre-saucisson plus tard, le train suivant entre en gare. Grand luxe, il reste même des places assises à-côté des marginaux odorants avec chiens, bière et sacs de couchages douteux (il ne faut pas trop demander non plus).

A l’arrivée, le soleil brille. D’une terrasse panoramique surplombant la campagne Romaine, je réussis à me faufiler entre les éméchés pour admirer la fin de l’été déposer ses rayons à la cime des pins. Le vin est sucré. Il coule comme un ruisseau jusqu’à la fin du jour, d’une  fontaine ornée de raisins blancs. Un défilé médiéval, dans ses costumes pourpre et or, sillonne les ruelles au son des clarinettes. Je me laisse emporter par le courant, dériver dans la foule au gré des rêveries du buveur solitaire.

Dans l’ivresse légère du couchant, il faut abandonner les liesses bacchanales.

Dionysos n’a qu’à bien se tenir, Hadès et ses enfers ne sont pas loin. Car il faut prendre : LE DERNIER TRAIN. Le bras à moitié arraché par des espagnols écrasés sur le wagon, je réussi à monter in extremis, alors que les sauvages restent à l’abandon sur le quai. Si j’avais mauvais esprit, je dirais…bien fait.



Publié à 19:30, le 29/11/2009, Marino
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Bien, pas bien


A rome, le 28 septembre 2009: L'italie sur les cartes postales, c'est romantico-dépressif, ça sent bon la pâte à pizza et c'est plein de machos gominés. Rome, c'est une vieille ville constipée, engluée dans son paradis perdu du vieil Empire. Bref, tout un tas de vieux préjugés poussiéreux dans lequel il faut faire le tri (sans pour autant tout jeter, vous pensez bien, on va pas cracher sur la pizza). Grand nettoyage de printemps, sortez les baleyettes: c'est l'heure de notre grand jeu, à garder / à foutre au feu!

 

A jeter:

  • Les Romains au volant. Des bandes blanches en transversale sur du goudron, en France, ça s'appelle un passage piéton. Ici, ce serait plutôt un achève couillon. Je m'abstiendrai bien sûr d'en rajouter sur cette mauvaise blague avec les pistes cyclistes / découpe touristes ou les priorités à droite / si tu passes je t'éclate. La palme de l'incivilité routière revient cependant aux conducteurs de bus de nuit, sûrement d'anciens accros aux montagnes russes. Sensations garanties.

     

  • Tokyo hotel. Promenade domenicale à la Villa Borghese via la fameuse Piazza del Popolo, un programme à priori paisible et reposant. Damned: du Corso à l'obelisque, me voila cernée par un ammoncellement de gothiques prépubères aglutinés. Des hurlements féminins stridents, des évanouissements théatraux. Je me demande quelle catastrophe naturelle peut être à l'origine d'un tel raz-de-marée d'hystériques boutonneux. Quand soudain, la révélation: Tokyo Hotel, what else?

     

  • Berlusconi. « Comment il s’appelle déjà? Un gars bronzé. Ah, Barack Obama. (…) Vous n’allez pas le croire mais les deux [avec Michelle ndlr.] sont allés à la plage ensemble, et elle est aussi bronzée. » Sans commentaire.

A garder:

  • La pizza al taglio et la glace au yaourt. Au risque de passer pour une incorrigible gourmande à tendance boulimique (ce que n'est finalement pas si faux), j'ose avouer que ces deux représentants de la gastronomie locale pourrait constituer l'essentiel de mon alimentation si, biensûr, le sacro-saint équilibre nutritionnel voulait bien se faire oublier. Jambons-artichauds, tomates-ricotta et même vanille pour les plus téméraires, il y en a pour tous les goûts et dans tous les coins de rue. Et pour la douceur, une crème glacée légère et onctueuse au goût simple du yaourt maison. Le comble du pêché.


  • La basilique Saint Pierre: “Merde, ça donnerait envie de croire en Dieu!” est la réaction basique remarquée chez tout agnostique pénétrant les murs de l'imposant édifice. Je m'inclus bien entendu dans ce panel représentatif de simples mortels subjugués par la grandeur percutante de ce qui est sûrement la plus belle église de toute la chrétienté. Les immenses mosaïques de marbre coloré, les plafonds dorés, et, discrètement assise sous une alcôve, la Pietà de Michel-Ange, imposent au visiteur respect et recueillement. A déplorer, le pitoyable comportement de certains touristes sans éducation qui, dans le tombeau des papes, se croient en ballade au jardin public, parlent fort et mitraillent de clichés la sépulture de Jean-paul II, comme un vulgaire animal de zoo.

     

  • L'aperitivo: LA formule festive de la capitale. Après une journée de travail, une seule idée en tête: boire, manger, se détendre? Dès 19h, tous les bars de quartier déploient une enfilade interminable d'antipasti plus alléchants les uns que les autres, qui seront picorés à volonté pour le seul achat d'une boisson. Ambiance conviviale et plaisirs gustatifs garantis! Sans modération?

  • Mon chocolat qui sourit: (voir photo) chez Alfredo, Via giulia, avant d'aller travailler

 

 



Publié à 12:16, le 29/09/2009,
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Campanie, Naples et compagnie


Le 10 septembre 2009 à Naples: " La semaine en quatre jours": un doux rêve pour toute personne bien portante entrée dans la vie active, une réalité pour les écoliers pré-pubères et...pour moi. Je me vois donc contrainte et forcée de combler ces trois longues journées de villégiature par des escapades en contrée inconnue.

Cette semaine, je me sens comme Indiana Jones sans son fouet,  comme Tarzan dans un costard. La routarde qui sommeille en moi, certes très bien enfouie, manifeste son besoin d'aventure. Exit les jupes plissées et les jolies ballerines de petite stagiaire modèle, la Comtesse de Ségur n'a qu'à bien se tenir: ce week-end, armée de mon infâme sac-à-dos (Quechua, faut-il le préciser?) et de mes vieilles baskets trouées, l'esprit de R.L. Stevenson est en moi.

Plus sauvage que l'Amazonie, plus hostile que l'Antartique, ma destination ferait frémir Tintin et Milou: embarquement pour le Tiers-monde, je pars pour le mezzogiorno!

Qui ne charie pas son lot de préjugés sur Naples? "Naples c'est sale", "Naples ça craint", "si tu y vas, tu vas te faire descendre par la mafia", "Naples, c'est comme Marseille mais dans le Tiers-monde". Le problème dans ces préjugés là, c'est qu'ils ne sont pas tout à fait faux. De sacs plastiques à l'abandon en pigeons plus que douteux, d'odeurs suspectes en déchets amoncelés sur les trottoirs, ma promenade dans le centre-ville prend des allures de mission écologique en décharge publique.

Pourtant, on ne peut dénier à la ville un certain charme, une atmosphère à part. Le linge étendu aux fenêtres, les gousses d'ail pendues aux étals des marchands, la foule des napolitains réunis dans les ruelles donnent l'image d'une ville authentique et conviviale. L'enfilade de ports de pêche et de plaisance jusqu'à Mergellina offre une ballade côtière apaisante, ou se mêlent odeurs d'embrun et de poisson fraîchement pêché. En arrière plan, l'imposant Vésuve, emmitouflé de brume.

Je me lance à l'assaut du volcan: du cratère s'échappent une forte odeur de souffre, et, presque imperceptibles aux yeux des touristes pressés, des fumerolles blanches. Là, une vue imprenable sur la baie de Naples et, au loin, Capri. C'est fini.




Publié à 20:12, le 18/09/2009, Naples
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La complainte du stagiaire, ou ode à la délégation

Le 5 septembre 2009 Via Giulia :

« De mon bureau assise à l’abri du soleil,

Je vais de formulaires en envois de courriels.

A l’Alliance est banni l’anglicisme « e-mail »,

De tout fax expédié et de tous les appels :

En toute occasion le ton se veut formel,

Et le son de la voix tout sucre et tout miel. 

Ainsi, jeune stagiaire, ne fais point ta rebelle,

Sous l’amoncellement de tout ton matériel,

Qu’on ne te voie jamais lever les yeux au ciel.»

 



Publié à 19:21, le 10/09/2009,
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Terminus: Rome.

Le 31 aoùt 2009, à Rome:   une chose est sûre, tous les chemins ne mènent pas à Rome. Heure d'arrivée à la périphérie: 16h30. Heure d'entrée effective dans la ville éternelle: 18h. Les Romains sont d'incorrigibles chauffards, passe encore: on nous avait prévenu. Ce qu'on ne savait pas, c'est que ces petits farceurs aimaient titiller les touristes en jouant à "où est Charly" version "où qu'elle est la rou-route?". Même Mappy reste sur le carreau.

 Au final, l'énigme est résolue grâce à la bonne vieille méthode qui a fait ses preuves: l'équation carte routière / crêpage de chignon. Merci le Routard.

 

 



Publié à 21:50, le 4/09/2009, Rome
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Passeggiata a San Giminiano

Le 31 aoùt 2009 à San Giminiano: après deux jours passé à Florence mon organisme s'étouffe de romantisme suintant, chose en tous points néfaste pour l'équilibre mental d'un célibataire; il est temps de reprendre la route. Dernier arrêt avant terminus: San Giminiano, la perle de Toscane.

 A peine franchies les grandes portes de la cité, je m'égare paisiblement dans un dédale de rues pavées. Assis à l'ombre des bâtisses de pierre, les anciens du villages posent leurs yeux ridés sur la foule des passants. Je n'ai pas vu passer le temps: mon estomac délaissé me rappelle à l'ordre. Il faut toujours suivre les conseils de son odorat: un alléchant fumet me guide vers une pizzeria al taglio d'apparence banale, qui s'avère proposer une pizza artichauds à faire jouir les papilles gustatives les plus sceptiques.

Ainsi repue, je me hasarde dans les collines surplombant le village. Qu'on se le dise: les "jardins suspendus de San Giminiano" pourraient faire office de huitième merveille du monde. Des rosiers écarlates s'enchevêtrent autour des bancs publics, qui offrent une vue splendide sur les paysages de Toscane. Des oliviers à perte de vue. Le son léger d'une harpe. Le cadre idyllique donnerait des envies de demande en mariage et d'étreintes romantiques au dernier des goujats.

En redescendant, je fais une halte à la gelatteria de la palce centrale. Le cornet yaourt-citron-amarena est sans doute et sans  chauvinisme le meilleur qui puisse exister. Et pour couronner le tout, les prix de ces festins sont outrageusement...décents!

San Giminiano est propablement le plus beau village médiéval d'Italie.



Publié à 19:40, le 2/09/2009, San Gimignano
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escale à Florence

Florence, le 29 aoùt 2009: de Portovecchio au Ponte Vecchio, la boucle des vacances est bouclée; je délaisse les voies rapides italiennes pour les pittoresques chemins de Toscane. Sous les pins parasols, les vignes du Chianti s'étendent à l'horizon et balancent doucement leurs feuilles vermeil, bercées par le chant des cigales. Tout près, Florence ouvre ses portes au soleil couchant. Une passeggiata sur le Ponte Vecchio, et la magie opère. Là, assise au bord du fleuve parmi la foule des passants, à travers la douce voix des chanteurs de rue, la ville de Dante me murmure: "tu es sous mon charme".

 

Le lendemain, une visite assidue de l'incontournable galleria degli uffizi s'impose. Je vais l'esprit léger, entourée du romantisme des peintres du Rinacimento quand soudain...Horreur! J'ose à peine y croire. Là, alignés en rang parfait devant La nassaince de Vénus, les clones japonais en uniforme écoutent avec assiduité le flot continu et non moins monotone des propos de leur guide. Me voilà paranoïaque: je suis poursuivie par des adolescents prépubères en jupes à motif Prince-De-Galles. Un scénario digne de Tarantino.



Publié à 21:08, le 1/09/2009,
Mots clefs : florence


Un tour de Pise

Pise, le 28 aoùt 2009:   3 bagages à mains dignes du sac magique de Marry Popppins, 2 valises frôlant le quintal et un sac-à-dos gris à motif fleuri dont le potentiel glamour frise le zéro pointé, j'incarne l'archétype ultra chic de la touriste hollandaise. A ceci près que je n'ai pas encore passé l'étape ultime de la sandale sur chaussette à rayures.

Première étape de mon périple vers Rome, la cité de la tour penchée. Une métonymie finalement peu réductrice si l’on considère que la seconde guerre mondiale a eu raison d'une grande partie des quartiers historiques de la petite ville de Pise. Emportée par le raz-de-marée international de touristes amoncelés, je m’échoue tant bien que mal sur la piazza dei miracoli. Derrière une brochette de monuments médiévaux dont je n’aurai pas le snobisme de retenir le nom, la célèbre Tour semble se pencher en criant « et moi, et moi ! » pour apparaître sur les clichés des passants.

Parlons-en de ces clichés : une bande de japonais en uniforme scolaire prend des phots du moindre brin d’herbe. Ils sont identiques jusqu’à leurs mocassins vernis. J’ai peur. A noter : une des adolescentes tente la démarcation en apposant sur son cabas un porte-clefs à oreilles de Minnie. C’est une rebelle.

Finalement, je réussis à terminer la visite en conservant ma dignité et mon intégrité physique : je n’ai pas cédé à la tentation de poser devant un appareil photo  les deux mains dans le vide, feignant de retenir l’édifice, comme 99% des touristes pensant pourtant faire preuve d’originalité. C’est une belle victoire.



Publié à 01:19, le 31/08/2009, Pise
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